À propos de moi

Au bord d'un fleuve, un haut-fourneau éteint que la végétation grignote lentement. Un ancien port industriel que les dockers ont déserté, reconverti en quartier résidentiel. Une enseigne aux lettres dorées qui s'écaillent, au-dessus d'une boutique tenue par la même famille depuis trois générations. Un cortège qui envahit les rues au son des tambours, comme chaque année depuis des siècles.

Chaque ville se raconte à qui prend le temps de la lire.

Aventurier urbain, je photographie les villes à travers ce que le temps y dépose : pierres patinées, façades d'une autre époque, intérieurs figés, végétation qui gagne là où plus personne ne passe. Ma fascination est née dans les lieux que la ville a cessé de regarder.

À la fin des années 2010, je commence mes expéditions en bas de chez moi : friches industrielles du nord de la France, châteaux oubliés en Belgique ; puis je découvre la face cachée de Paris en parcourant les voies abandonnées de la Petite Ceinture et les tunnels enfouis du réseau des Catacombes. À l'époque, c'est l'attrait de l'inconnu qui me pousse à entrer.

Très vite, entrer n’est plus une fin en soi. Je veux comprendre ce que ces lieux ont été, ce qu’ils sont, ce qu'ils deviennent. Une ville n’est jamais figée : elle se vide, se reconstruit, se réinvente. Les décisions d’hier façonnent la cité de demain. Je cherche à dresser un portrait de société à travers les édifices, la manière dont ils évoluent et les personnes qui les font vivre.

Je poursuis désormais ce travail en France et ailleurs en Europe, partout où les villes se métamorphosent. Je croise l'exploration de terrain et la recherche documentaire pour inscrire ces lieux et leurs histoires dans la mémoire collective.

La photographie est pour moi une manière de poser des questions. Chaque série, une tentative d'y répondre.

theo_krantz theo.krantz@free.fr

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